LA VÉRITÉ, DONT LA MER EST L’HISTOIRE
ESPACE BOUCHOR
Espace dédié à la recherche, la création, la diffusion et la médiation de pratiques émergentes en Arts Visuels
75014, Paris
June 01 Nuit Blanche – June 16, 2024
Omar Castillo-Alfaro
Julieth Morales
Jose Olano
Carlos Vergara
Dylan Altamiranda
Dayro Carrasquilla
Jose Alvarez.
“… la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l’avenir…
L’histoire, mère de la vérité ; l’idée est stupéfiante. Ménard (…) ne définit pas l’histoire comme une recherche de la réalité mais comme son origine. La vérité historique, pour lui, n’est pas ce qui s’est passé ; c’est ce que nous pensons qui s’est passé....”
― Jorge Luis Borges, Ficciones
Quand Ménard réécrit Don Quichotte dans l'histoire de Borges, son texte, bien que techniquement identique à celui de Cervantès, acquiert une nouvelle signification du fait de sa création au XXe siècle, enrichie par l'héritage culturel et philosophique moderne. Pour Borges, il n'existe que deux possibilités de réécriture : la première consiste à ignorer les événements passés tandis que la seconde consiste à élaborer l'histoire du point de vue de l'interprète.
Cette exposition poursuit cette idée de réécriture du passé à la lumière d'un nouveau contexte. Une histoire qui commence dans la mer des Caraïbes, qui a été le témoin de l'arrivée de l'ancien monde sur de nouvelles terres. Cette même mer des Caraïbes qui s'étend vers l'Atlantique, divisant le continent américain et l'Europe. Une mer qui, en même temps, nous unit et nous exil, nous qui avons quitté nos terres, pour venir raconter une histoire que l’on nous a écrite.
L'exposition découle d'une problématique qui a ses racines dans les Caraïbes mais qui s'étend, avec des nuances différentes, au reste de l'Amérique latine. Les différents langages visuels exposés témoignent de cette réalité et amènent un discours authentique basé sur les problèmes et les philosophies enracinés dans notre région. Ils contribuent également à la décentralisation de l'histoire et à sa reconstruction à travers des récits et des perspectives diversifiés.
La diversité des langues et des expériences génère de nouvelles significations qui établissent un dictionnaire linguistique et visuel, diversifiant les langues du pouvoir central et remettant en question son hégémonie. Cela peut se traduire par la revalorisation des cultures indigènes, l'exploration d'identités hybrides, la critique des structures de pouvoir héritées et la recherche de formes de résistance et d'autonomisation dans des contextes d'autorité.
On dit que l'histoire est racontée par les vainqueurs ; cependant, dans ce cas, l'histoire n'est pas encore terminée, car « toute expérience contemporaine est une expérience coloniale ». Notre histoire s'écrit et se réécrit continuellement, et aujourd'hui, nous changeons de narrateur.
Dylan Altamiranda, Noix d’or á l’infini, 2023
Carlos Vergara, In the Absence of a Place, 2023
Omar Castillo Alfaro, Pico - Chute 1 (Amantecas, chapitre 1 : Pedro, série), 2023
Julieth Morales, Resistencia, 2019. 9:38 min
Jose Olano, Memorias de un balcón, 2022